Le Plan Emergence
Le plan «
Emergence » représente une nouvelle politique industrielle qui se veut
volontariste et qui mette en avant les facteurs compétitifs du pays. Ce plan
cible des secteurs et des métiers où le Maroc peut se positionner au niveau
international dans le cadre de la spécialisation qui se profile derrière la
mondialisation des économies.
Son élaboration a été précédée par une série d’études et de consultations menées
par le cabinet McKinsey ainsi que par un benchmarking où le Maroc a été comparé
à un échantillon de 13 pays, classés en trois groupes : un « groupe compétition
» comprenant l’Algérie, la Tunisie, l’Egypte, la Jordanie, le Sénégal, la
Turquie et la Roumanie, puis un « groupe d’aspiration » comprenant la Tchéquie,
le Portugal et la Malaisie puis un « groupe World Class » comprenant l’Espagne
et la Corée du Sud.
Ce benchmarking a fait ressortir les forces et les faiblesses de la « place
Maroc » et a permis de déduire trois impératifs en terme de stratégie :
Nécessité d’instituer une politique industrielle claire basée sur des paris
ciblés permettant de réaliser le plein potentiel des métiers moteurs de
croissance ;
Nécessité de renforcer les facteurs de compétitivité du Maroc ;
Nécessité de répondre au besoin de modernisation du tissu industriel existant
avec un accent prioritaire sur l’émergence de nouvelles bases industrielles.
Il s’en est suivi l’adoption d’une stratégie industrielle, voulue ciblée et
volontariste, et reposant sur 4 piliers essentiels qui constituent le socle du
plan « Emergence » :
Le premier axe de
développement repose sur la filière offshoring ou encore les services et les
processus administratifs ;
Le second axe repose sur la création de zones de sous-traitance industrielle
orientée export, à destination de l’Europe ;
Le troisième axe de développement est constitué par la modernisation et la
relance de trois secteurs clés que sont l’agro-alimentaire, l’industrie de
transformation des produits de la mer et le textile. A ces trois secteurs sera
ajouté celui de l’artisanat à fort contenu culturel et orienté export ;
Le dernier axe est représenté par la modernisation compétitive et qui portera
sur l’amélioration de l’environnement général des affaires (administration,
fiscalité, etc..), de la mise en place de mécanismes permettant de
professionnaliser la gestion opérationnelle et financière des entreprises, du
renforcement du soutien aux acteurs en croissance et de la restructuration du
tissu en difficulté.
Les principaux secteurs de croissance qui ont fait l’objet d’analyses
approfondies et qui bénéficieront de soutien sont les suivants :
1. Offshoring : potentiel de développement très important
2. Automobile (concept zones de sous-traitance industrielle orientée export) :
bon positionnement du Maroc avec la combinaison favorable du coût des facteurs
de production et de sa proximité logistique
3. Electronique (concept zones de sous-traitance industrielle orientée export) :
la niche se trouve dans l’électronique de spécialité rendant possible la
délocalisation pour des petites et moyennes séries pour la défense, le médical,
l’électronique embarquée, etc..
4. Les zones franches de « 2ème génération » : véritables « quartiers
industriels », elles devront offrir de nouveaux avantages compétitifs en
terme de fiscalité,
de flexibilité de l’emploi, de facilités administratives, mais aussi
d’intégration de services et d’infrastructures capables de cibler les secteurs
porteurs retenus tels que l’automobile, l’aéronautique et l’électronique
5. L’agro-alimentaire (hors transformation des produits de la mer) : les deux
secteurs qui ressortent sont les fruits et légumes et les corps gras.
6. Transformation des produits de la mer : avec l’objectif d’optimiser la
valorisation des produits de la pêche aux niveaux industriel et commercial et
diversifier les sources d’approvisionnement pour profiter des capacités de
production non utilisées.
7. L’artisanat : débouché très intéressant à l’export pour les produits à fort
contenu culturel avec une commercialisation par des canaux de distribution
dynamiques et intégrés aux réseaux internationaux ainsi qu’un débouché local, en
appui notamment au tourisme, mais là encore à travers un réseau de distribution
modernisé.